Réplic’Air – Bonjour Fabien. Comment fonctionne le bureau d’études de Réplic’Air ?


Fabien Il y a beaucoup de similitudes avec le rôle du bureau d’études d’un avionneur d’aujourd’hui. On applique les mêmes méthodes et techniques, notamment en utilisant le logiciel de modélisation Catia V5. Il s’agit de rebâtir une DMU (digital Mock Up) et de préparer tous les plans pour produire l’avion. On commence donc par dessiner la forme aérodynamique,c’est à dire l’enveloppe externe de celui-ci et de descendre progressivement dans le détail des pièces en partant des cadres de fuselage jusqu’au simple support l’équipant pour tenir un système par exemple. Il y a plus de 3000 pièces au total à redessiner ou à modifier si besoin puis à fabriquer. La grande différence est que nous partons d’archives très anciennes.

Les archives permettent-elles de trouver toutes les informations dont tu as besoin ?

Pour le D551, ce n’est pas tout à fait le cas. A l’époque, on commençait par réaliser un prototype sur la base des plans de structure. En parallèle, une maquette d’aménagement était réalisée pour valider les systèmes et le cockpit. Puis l’avion volait et on réalisait les plans pour la série en introduisant des modifications selon son comportement durant les essais en vol ou le retour d’expérience des utilisateurs finaux (Armée de l’Air). Comme le D551 n’a jamais volé et que le D550 n’a cumulé que 100 heures environ, l’ensemble des plans n’a pas été terminé. On ne trouve que de petits schémas d’installation dans certains cas.

Est- ce que les plans d’époque sont respectés ?

Oui, c’est un principe de Réplic’Air. Par contre, lorsqu’on sait que le système d’époque était défaillant, on cherche des solutions pour l’améliorer. Par exemple, on sait que les D520 et D550 avaient des problèmes de refroidissement. Nous avons recherché dans les archives et retrouvé des pistes de solutions de l’équipe de l’époque. Nous refaisons alors une étude de la zone concernée. Le fonctionnement du nouveau radiateur va d’ailleurs être testé en soufflerie.

Qu’est ce qui a changé depuis 1940 ?

On applique les mêmes méthodes et techniques ! Auxquelles on ajoute des nouvelles technologies. En même temps, nous avons perdu certaines compétences, notamment en chaudronnerie. Il est difficile de produire certaines formes anciennes et le prix serait exorbitant. C’est pourquoi nous utilisons l’impression 3D laser pour quelques pièces.

Qu’est-ce que représente le projet D551 pour toi ?

C’est l’occasion de réaliser un avion tout entier alors que dans mon quotidien professionnel, je travaille uniquement sur une partie de l’avion. C’est aussi un hommage à Dewoitine. C’était un vrai pionnier, extrêmement compétent et impliqué. On va pouvoir démontrer que son avion était le plus performant de l’époque.