Le Bureau d’études

On entend souvent parler de bureau d’étude, d’ingénieurs, de conception et de dimensionnement. Voici une présentation du bureau d’études de Réplic’Air.

Oui, à l’instar d’une entreprise, une association peut avoir son bureau d’étude. Grace à lui, l’association peut se permettre d’utiliser les procédés d’études et de productions les plus modernes de l’industrie. Ses actions sont multiples : il produit des études, imagine les projets, les planifie, les dimensionne, les dessine, et les valide. Ce travail de réflexion donne une montagne de documents. Ainsi produits ils permettront (dans notre cas) : de créer des avions de toute pièce, de connaître leurs limites avant même qu’ils ne volent, de faire appel à des industriels afin d’accélérer leur production, d’obtenir l’aval des autorités pour les faire voler, et, surtout, d’assurer la sécurité des personnes destinées à approcher les appareils.

On pourrait bien évidemment regretter la perte des savoir-faire de nos pionniers, entoileurs, chaudronniers, cependant, il n’en est rien. Un bureau d’études ne travaille pas uniquement en conception. En effet, il peut également étudier, faire renaître et conserver des conceptions anciennes ou encore faire de la « rétro-conception ».

La rétro-conception peut s’apparenter au travail d’archéologue de l’industrie. Elle étudie les pièces produites par des méthodes ou technologies d’hier pour par exemple, les remettre sur plan, les reproduire ou éventuellement les adapter pour rendre leur production possible avec les moyens d’aujourd’hui.

Le premier projet de l’association fut la construction d’une réplique du Morane-Saulnier Type G. Il suscita l’intérêt de l’Aéroclub de France en vue de la commémoration du centenaire de la première traversée de la Méditerranée. Ainsi l’avion devait être prêt en 2 ans.

Le bureau d’études a donc reproduit une maquette numérique complète de l’avion à partir de maigres plans d’époque et de photos de l’avion original exposé au Musée de l’Air et de l’Espace du Bourget. Cela constitue un exemple d’archéologie industrielle ou rétro-conception.

Pour des raisons de sécurité, l’utilisation d’un moteur moderne et fiable était indispensable à la commémoration de cet exploit historique. Le bureau d’études a donc dessiné, dimensionné et validé un bâti pouvant accueillir le moteur ROTEC, tout en s’assurant que le centrage de l’avion restait le même.

Anecdote de Thomas :

 

Je me rappelle bien de la période où l’on devait Vincent et moi intégrer le moteur ROTEC sur la maquette du Morane Saulnier. Il fallait jongler avec le peu d’espace, le centre de gravité de l’avion, la sécurité du pilote pour concevoir une pièce facilement réalisable qui allait devoir supporter le poids du moteur. Nous avons réitéré de nombreuses fois (tubes, plaques, nervures, etc.) pour nous rendre compte qu’au final nous avions obtenu quelque chose d’extrêmement proche du bâti moteur utilisé en 1912. Comme quoi nos calculatrices et ordinateurs ne font pas tout… le bon sens était, est, et restera primordial.

Une fois les dossiers correspondant réalisés, la construction pouvait commencer en vue de la traversée. La maquette numérique a permis d’utiliser les machines-outils numériques pour usiner les ailes, le laser pour découper les pièces métalliques, ou encore l’impression 3D en métal pour réaliser des pièces de conception complexe. Plus encore c’est le support du bureau d’études dans chaque étape de la construction qui permit de résoudre rapidement les difficultés d’assemblage.

Trois questions à Wilfried, Ingénieur aéronautique

J’aime imaginer les systèmes en avance de phase, essayer de maîtriser les phénomènes physiques sur des pièces élémentaires ou assemblages. J’aime comprendre et mettre au point, c’est pour moi un double challenge. Les moyens peuvent être considérables ou très limités en fonction de l’enjeu du sujet. C’est une véritable aventure à chaque fois.

Parce que la philosophie de Réplic’Air est noble. Le but est simple, sans fioriture, il faut faire voler en toute sécurité un pilote, certainement un ami. C’est une aventure humaine, philanthropique. Mon intérêt est également de partager les connaissances connues ou acquises auprès des membres de l’association.

J’ai la chance d’exercer dans une entreprise où j’exprime ma passion. Il n’y a pas de réelles différences entre les 2 bureaux, sinon que dans l’entreprise j’ai plus de temps. Cependant, au sein de Réplic’Air, les décisions se prennent rapidement et nécessitent une hyper efficacité afin d’aller au bout des sujets. La différence majeure est de trouver dans l’association 100 % de gens passionnés par ce qu’ils font et l’aviation en général.